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Fondamentaux du miel

Le nectar et la miellée : comprendre la source du miel

29 juin 2026 · 10 min de lecture
Fleur ou miellat de pucerons ? Découvrez d’où vient vraiment cette matière première du miel, et pourquoi la météo décide de tout pour les abeilles.

Les réponses sont rédigées automatiquement par un programme d’intelligence artificielle. Elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

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Cet article ne recommande aucun produit en particulier. Le lien ci-dessus mène au rayon, pas à une référence.

Avant d’être dans le pot, le miel était dans une fleur, ou sur un puceron. Cette phrase suffit à résumer ce que beaucoup ignorent : le miel ne vient pas toujours des fleurs.

Il vient du nectar, liquide sucré sécrété par les plantes à fleurs. Mais il peut aussi venir du miellat, une substance produite par des insectes parasites sur les arbres. Ces deux origines donnent des miels radicalement différents, avec des goûts, des couleurs et des compositions qui n’ont rien en commun.

Et entre la source et le pot, il y a la miellée : cette période courte, qui dépend de la météo, où les butineuses récoltent en masse. L’apiculteur la surveille, les abeilles s’y épuisent. Une mauvaise année météo, et il n’y a presque rien à récolter.

Voici ce que vous devez comprendre sur les fondements du miel.

Qu’est-ce que le nectar ?

Le nectar est un liquide sucré produit par des glandes spécialisées appelées nectaires. Ces nectaires sont situés, selon les espèces végétales, à la base des pétales, dans les sépales, ou parfois directement sur les feuilles ou les tiges (nectaires extra-floraux).

La composition du nectar varie selon la plante et les conditions climatiques : il contient principalement de l’eau (60 à 80 %), des sucres (saccharose, glucose, fructose), et des traces d’acides aminés, de vitamines et de composés aromatiques.

C’est ce cocktail sucré qui attire les pollinisateurs, abeilles, bourdons, papillons, colibris. En échange du repas énergétique, ils assurent la pollinisation : le pollen colle à leur corps et se transfère de fleur en fleur.

Toutes les plantes ne produisent pas du nectar

Les plantes dites mellifères sont celles qui produisent à la fois du nectar et du pollen en quantité suffisante pour intéresser les butineuses. Parmi les plus importantes en France :

  • Printemps : acacia (robinier faux-acacia), colza, pissenlits, ronces, cerisiers
  • Été : tilleul, lavande, tournesol, trèfles, sainfoin
  • Fin d’été / automne : bruyère, callune, lierre

Certaines plantes sont essentiellement nectarifères (beaucoup de nectar, peu de pollen) ; d’autres sont essentiellement pollinifères (peu de nectar, beaucoup de pollen). L’abeille sait faire la différence et adapte ses sorties selon les besoins de la colonie.

Qu’est-ce que le miellat ? La source méconnue du miel

Le miellat est une substance très différente du nectar. Il ne vient pas des plantes directement, mais des insectes qui se nourrissent de la sève des arbres : pucerons, cochenilles, et quelques autres hémiptères.

Un mot de ce passage reste flou ?

Ces insectes piquent l’écorce et les aiguilles des conifères (sapins, épicéas) ou les feuilles de chênes, de hêtres, de sapins. Ils ingèrent la sève, en absorbent les acides aminés dont ils ont besoin, et excrètent le reste sous forme de gouttelettes riches en sucres : c’est le miellat.

Les abeilles récoltent ces gouttelettes et les transforment en miel, exactement comme elles le font avec le nectar. Le processus de fabrication dans la ruche est identique. Mais le produit final est très différent.

Le miel de miellat (dont le miel de sapin est l’exemple emblématique) est :

  • Plus foncé (brun ambré à reflets verts pour le sapin, parfois noir pour certains chênes)
  • Moins sucré que les miels floraux
  • De conductivité électrique plus élevée (au moins 0,8 mS/cm, seuil fixé pour le miel de miellat par la directive européenne 2001/110/CE)
  • Moins cristallisant, en raison de sa faible teneur en glucose
  • D’un goût puissant, boisé, malté, parfois légèrement résineux

Pour s’appeler « miel de sapin », un miel doit provenir entièrement ou essentiellement de cette origine, comme l’exige la directive européenne 2001/110/CE pour toute indication d’origine florale ou végétale.

Tableau comparatif : nectar et miellat

CritèreNectar (miel floral)Miellat (miel de miellat)
OrigineNectaires des plantes à fleursSécrétions d’insectes (pucerons, cochenilles) sur les arbres
Couleur du mielClaire à doréeFoncée, brun ambré à reflets verts ou noirs
GoûtDoux, floral, sucréPuissant, boisé, malté, peu sucré
Teneur en minérauxModéréeTrès élevée
CristallisationVariable (rapide à modérée)Lente, parfois quasi absente
Exemples de mielsAcacia, lavande, thym, toutes fleursMiel de sapin, miel de forêt, miel de chêne
RaretéTrès courantRare, production aléatoire
Facteurs limitantsFloraison, météo, solPrésence d’insectes parasites et météo favorable

La miellée : quand les abeilles travaillent à plein régime

La miellée est la période pendant laquelle les sources de nourriture sont si abondantes que les butineuses récoltent plus que la colonie n’en consomme. Le surplus s’accumule dans les alvéoles des hausses, c’est là que l’apiculteur puise.

Voir une colonie de près, lors d’un atelier ?

Ce n’est pas un événement continu. C’est une fenêtre temporelle, parfois très courte, définie par la conjonction de plusieurs facteurs favorables.

Les miellées selon les saisons en France

La France bénéficie de deux grandes fenêtres mellifères dans une année normale :

La miellée de printemps débute en mars-avril avec les premières floraisons massives : pissenlits, arbres fruitiers, ronces, colza, acacia. Le pissenlit compte parmi les toutes premières sources de nectar, et son miel monofloral cristallise vite. C’est souvent la miellée la plus productive de l’année, notamment dans les régions tempérées. L’acacia en particulier concentre une très forte sécrétion de nectar sur une fenêtre de 10 à 15 jours seulement.

La miellée d’été varie beaucoup selon la région. En zone méditerranéenne, la lavande (juillet) et le thym constituent des miellées significatives. En zone tempérée et atlantique, le tilleul (juin-juillet), le trèfle et le sainfoin prennent le relais.

La miellée de fin d’été (bruyère, callune, lierre) est surtout importante dans les régions landaises, bretonnes et atlantiques. Le traitement de ces dernières floraisons diffère selon la plante : le lierre est souvent laissé aux abeilles comme réserve pour passer l’hiver, tandis que le miel de callune est récolté et commercialisé : il bénéficie même d’une dérogation réglementaire européenne propre sur sa teneur en eau.

Pourquoi la météo décide de tout

La miellée n’est pas garantie, même si les fleurs sont là. Plusieurs conditions météorologiques doivent être réunies simultanément pour qu’elle soit productive :

La chaleur. Les températures douces (entre 18 et 28 °C environ) favorisent la sécrétion de nectar et permettent aux butineuses de voler. En dessous de 12-14 °C, les abeilles ne quittent plus la ruche.

L’humidité modérée. Un temps trop sec assèche les nectaires et réduit la sécrétion de nectar. Mais un temps trop humide, pluvieux ou venteux bloque les butineuses. L’idéal est une alternance de nuits fraîches et humides avec des journées chaudes et ensoleillées.

L’absence de vent fort. Le vent épuise les butineuses, réduit le rayon de vol et perturbe le repérage olfactif des fleurs.

Des nuits fraîches après des journées chaudes. Cette alternance est particulièrement favorable à la sécrétion de nectar dans les nectaires des fleurs, et pour le miellat, elle favorise la condensation des gouttelettes de pucerons sur les aiguilles de sapins.

Une mauvaise météo au mauvais moment peut annuler entièrement une miellée attendue. L’apiculteur qui surveille ses ruches depuis des années sait que la récolte d’une année à l’autre peut varier de zéro à vingt kilos par ruche, voire plus, selon les conditions climatiques.

Du nectar au miel : le travail invisible dans la ruche

La récolte du nectar n’est que la première étape. Une fois à la ruche, le travail de transformation commence.

La butineuse régurgite le nectar à une abeille de maison, qui le régurgite à une autre, et ainsi de suite. À chaque transfert, des enzymes salivaires (principalement la glucose-oxydase et l’invertase) transforment les sucres et amorcent la décomposition du saccharose en glucose et fructose.

Simultanément, les abeilles réduisent l’humidité du nectar. Elles ventilent activement les alvéoles avec leurs ailes pour faire évaporer l’eau. Le nectar passe de 60-80 % d’eau à moins de 18 %. À ce stade, le miel est stable, non fermentescible. L’abeille scelle alors l’alvéole avec un opercule de cire.

Ce processus prend plusieurs jours. Une butineuse ne produit, sur toute sa vie active, qu’environ 1/12 de cuillère à café de miel. La ruche entière est nécessaire pour remplir un seul pot.

Pour aller plus loin sur ce processus, notre article sur la transformation du nectar en miel, étape par étape dans la ruche détaille chaque phase de fabrication.

Nectar, miellat et diversité des miels

Cette distinction nectar / miellat est fondatrice pour comprendre la diversité des miels disponibles.

Le miel de sapin, ou miel de miellat, est l’exemple français le plus typique : produit principalement dans les Vosges, l’Alsace, le Jura et le Massif central, il dépend entièrement des années où les pucerons sont abondants et où la météo est favorable. Une sécheresse trop intense en été dessèche les gouttelettes de miellat avant que les abeilles puissent les récolter, d’où les pénuries certaines années.

Le pollen, lui, est récolté par les butineuses lors des mêmes sorties que le nectar, mais il ne devient pas du miel : l’apiculteur le récupère sur les pattes des abeilles, à l’entrée de la ruche, sans transformation. Notre article sur ce que l’on peut affirmer du pollen frais fait le point sur ce produit.

Seules les abeilles transforment ces deux sources sucrées, nectar et miellat, en miel. Les guêpes, prédatrices, n’en produisent pas : notre comparatif détaille ce que la guêpe fait et que l’abeille ne fait pas.

Enfin, la récolte dépend aussi des prédateurs. Le frelon asiatique, qui chasse les butineuses à l’entrée de la ruche, freine leurs sorties vers les sources de nectar. Les mauvaises années, cette pression s’ajoute à une météo défavorable et réduit la miellée.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre nectar et miellat ?

Le nectar est un liquide sucré produit directement par les nectaires des plantes à fleurs. Le miellat est une substance excrétée par des insectes (principalement des pucerons et des cochenilles) qui se nourrissent de la sève des arbres. Les abeilles récoltent les deux pour faire du miel, mais les miels qui en résultent sont très différents : les miels floraux sont issus du nectar, le miel de sapin et les miels de forêt sont issus du miellat.

Pourquoi dit-on que le miel de sapin vient de pucerons ?

Parce que c’est littéralement vrai. Les pucerons et les cochenilles se nourrissent de la sève des sapins et excrètent un liquide sucré (le miellat) sous forme de gouttelettes sur les aiguilles et les branches. Les abeilles récoltent ce miellat et le transforment en miel exactement comme elles le feraient avec du nectar.

Qu’est-ce qu’une miellée ?

La miellée est la période pendant laquelle les ressources mellifères (nectar ou miellat) sont si abondantes que les abeilles récoltent plus que la colonie n’en consomme. Ce surplus s’accumule dans les hausses et constitue ce que l’apiculteur récoltera. Une miellée est toujours liée à une floraison intense (printemps, été) ou à une forte présence de miellat (été, conditions humides favorables).

La météo a-t-elle vraiment autant d’impact sur la production de miel ?

Oui, elle est déterminante. Une floraison d’acacia sous la pluie et le vent peut être perdue en quelques jours : les nectaires produisent moins, les butineuses ne volent pas, et la fenêtre de récolte se referme. Pour le miellat, un été trop sec dessèche les gouttelettes avant qu’elles soient butinées. Un même apiculteur peut récolter 20 kg par ruche une année et presque rien l’année suivante, avec le même rucher et les mêmes abeilles.

Toutes les abeilles font-elles du miel à partir de nectar ?

Non. L’Apis mellifera, l’abeille domestique européenne, utilise le nectar comme source principale, mais elle récolte aussi le miellat. Selon l’environnement du rucher, la proportion de miellat dans le miel peut varier. Dans les Vosges ou les forêts de conifères, un miel « toutes fleurs » peut contenir une part significative de miellat sans que l’apiculteur ait placé ses ruches dans une forêt de sapins.

Glossaire

Cliquez sur un terme pour afficher sa définition.

Vrai ou faux : idées reçues

Nectar et miellat : deux origines, deux miels

CritèreNectar (miel floral)Miellat (miel de miellat)
OrigineNectaires des plantes à fleursSécrétions d’insectes (pucerons, cochenilles) sur les arbres
Couleur du mielClaire à doréeFoncée, brun ambré à reflets verts ou noirs
GoûtDoux, floral, sucréPuissant, boisé, malté, peu sucré
Conductivité électriqueEn général au plus 0,8 mS/cmAu moins 0,8 mS/cm (directive 2001/110/CE)
CristallisationVariable (rapide à modérée)Lente, parfois quasi absente
ExemplesAcacia, lavande, thym, toutes fleursMiel de sapin, miel de forêt, miel de chêne
Facteurs limitantsFloraison, météo, solPrésence d’insectes parasites et météo favorable
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Le nectar et la miellée : comprendre la source du miel

29 juin 2026 · 10 min de lecture
Fleur ou miellat de pucerons ? Découvrez d’où vient vraiment cette matière première du miel, et pourquoi la météo décide de tout pour les abeilles.

Les réponses sont rédigées automatiquement par un programme d’intelligence artificielle. Elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

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Qu’est-ce que le nectar ? Qu’est-ce que le miellat ? La source méconnue du miel Tableau comparatif : nectar et miellat La miellée : quand les abeilles travaillent à plein régime Du nectar au miel : le travail invisible dans la ruche Nectar, miellat et diversité des miels Questions fréquentes
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Avant d’être dans le pot, le miel était dans une fleur, ou sur un puceron. Cette phrase suffit à résumer ce que beaucoup ignorent : le miel ne vient pas toujours des fleurs.

Il vient du nectar, liquide sucré sécrété par les plantes à fleurs. Mais il peut aussi venir du miellat, une substance produite par des insectes parasites sur les arbres. Ces deux origines donnent des miels radicalement différents, avec des goûts, des couleurs et des compositions qui n’ont rien en commun.

Et entre la source et le pot, il y a la miellée : cette période courte, qui dépend de la météo, où les butineuses récoltent en masse. L’apiculteur la surveille, les abeilles s’y épuisent. Une mauvaise année météo, et il n’y a presque rien à récolter.

Voici ce que vous devez comprendre sur les fondements du miel.

Qu’est-ce que le nectar ?

Le nectar est un liquide sucré produit par des glandes spécialisées appelées nectaires. Ces nectaires sont situés, selon les espèces végétales, à la base des pétales, dans les sépales, ou parfois directement sur les feuilles ou les tiges (nectaires extra-floraux).

La composition du nectar varie selon la plante et les conditions climatiques : il contient principalement de l’eau (60 à 80 %), des sucres (saccharose, glucose, fructose), et des traces d’acides aminés, de vitamines et de composés aromatiques.

C’est ce cocktail sucré qui attire les pollinisateurs, abeilles, bourdons, papillons, colibris. En échange du repas énergétique, ils assurent la pollinisation : le pollen colle à leur corps et se transfère de fleur en fleur.

Toutes les plantes ne produisent pas du nectar

Les plantes dites mellifères sont celles qui produisent à la fois du nectar et du pollen en quantité suffisante pour intéresser les butineuses. Parmi les plus importantes en France :

  • Printemps : acacia (robinier faux-acacia), colza, pissenlits, ronces, cerisiers
  • Été : tilleul, lavande, tournesol, trèfles, sainfoin
  • Fin d’été / automne : bruyère, callune, lierre

Certaines plantes sont essentiellement nectarifères (beaucoup de nectar, peu de pollen) ; d’autres sont essentiellement pollinifères (peu de nectar, beaucoup de pollen). L’abeille sait faire la différence et adapte ses sorties selon les besoins de la colonie.

Qu’est-ce que le miellat ? La source méconnue du miel

Le miellat est une substance très différente du nectar. Il ne vient pas des plantes directement, mais des insectes qui se nourrissent de la sève des arbres : pucerons, cochenilles, et quelques autres hémiptères.

Un mot de ce passage reste flou ?

Ces insectes piquent l’écorce et les aiguilles des conifères (sapins, épicéas) ou les feuilles de chênes, de hêtres, de sapins. Ils ingèrent la sève, en absorbent les acides aminés dont ils ont besoin, et excrètent le reste sous forme de gouttelettes riches en sucres : c’est le miellat.

Les abeilles récoltent ces gouttelettes et les transforment en miel, exactement comme elles le font avec le nectar. Le processus de fabrication dans la ruche est identique. Mais le produit final est très différent.

Le miel de miellat (dont le miel de sapin est l’exemple emblématique) est :

  • Plus foncé (brun ambré à reflets verts pour le sapin, parfois noir pour certains chênes)
  • Moins sucré que les miels floraux
  • De conductivité électrique plus élevée (au moins 0,8 mS/cm, seuil fixé pour le miel de miellat par la directive européenne 2001/110/CE)
  • Moins cristallisant, en raison de sa faible teneur en glucose
  • D’un goût puissant, boisé, malté, parfois légèrement résineux

Pour s’appeler « miel de sapin », un miel doit provenir entièrement ou essentiellement de cette origine, comme l’exige la directive européenne 2001/110/CE pour toute indication d’origine florale ou végétale.

Tableau comparatif : nectar et miellat

CritèreNectar (miel floral)Miellat (miel de miellat)
OrigineNectaires des plantes à fleursSécrétions d’insectes (pucerons, cochenilles) sur les arbres
Couleur du mielClaire à doréeFoncée, brun ambré à reflets verts ou noirs
GoûtDoux, floral, sucréPuissant, boisé, malté, peu sucré
Teneur en minérauxModéréeTrès élevée
CristallisationVariable (rapide à modérée)Lente, parfois quasi absente
Exemples de mielsAcacia, lavande, thym, toutes fleursMiel de sapin, miel de forêt, miel de chêne
RaretéTrès courantRare, production aléatoire
Facteurs limitantsFloraison, météo, solPrésence d’insectes parasites et météo favorable

La miellée : quand les abeilles travaillent à plein régime

La miellée est la période pendant laquelle les sources de nourriture sont si abondantes que les butineuses récoltent plus que la colonie n’en consomme. Le surplus s’accumule dans les alvéoles des hausses, c’est là que l’apiculteur puise.

Voir une colonie de près, lors d’un atelier ?

Ce n’est pas un événement continu. C’est une fenêtre temporelle, parfois très courte, définie par la conjonction de plusieurs facteurs favorables.

Les miellées selon les saisons en France

La France bénéficie de deux grandes fenêtres mellifères dans une année normale :

La miellée de printemps débute en mars-avril avec les premières floraisons massives : pissenlits, arbres fruitiers, ronces, colza, acacia. Le pissenlit compte parmi les toutes premières sources de nectar, et son miel monofloral cristallise vite. C’est souvent la miellée la plus productive de l’année, notamment dans les régions tempérées. L’acacia en particulier concentre une très forte sécrétion de nectar sur une fenêtre de 10 à 15 jours seulement.

La miellée d’été varie beaucoup selon la région. En zone méditerranéenne, la lavande (juillet) et le thym constituent des miellées significatives. En zone tempérée et atlantique, le tilleul (juin-juillet), le trèfle et le sainfoin prennent le relais.

La miellée de fin d’été (bruyère, callune, lierre) est surtout importante dans les régions landaises, bretonnes et atlantiques. Le traitement de ces dernières floraisons diffère selon la plante : le lierre est souvent laissé aux abeilles comme réserve pour passer l’hiver, tandis que le miel de callune est récolté et commercialisé : il bénéficie même d’une dérogation réglementaire européenne propre sur sa teneur en eau.

Pourquoi la météo décide de tout

La miellée n’est pas garantie, même si les fleurs sont là. Plusieurs conditions météorologiques doivent être réunies simultanément pour qu’elle soit productive :

La chaleur. Les températures douces (entre 18 et 28 °C environ) favorisent la sécrétion de nectar et permettent aux butineuses de voler. En dessous de 12-14 °C, les abeilles ne quittent plus la ruche.

L’humidité modérée. Un temps trop sec assèche les nectaires et réduit la sécrétion de nectar. Mais un temps trop humide, pluvieux ou venteux bloque les butineuses. L’idéal est une alternance de nuits fraîches et humides avec des journées chaudes et ensoleillées.

L’absence de vent fort. Le vent épuise les butineuses, réduit le rayon de vol et perturbe le repérage olfactif des fleurs.

Des nuits fraîches après des journées chaudes. Cette alternance est particulièrement favorable à la sécrétion de nectar dans les nectaires des fleurs, et pour le miellat, elle favorise la condensation des gouttelettes de pucerons sur les aiguilles de sapins.

Une mauvaise météo au mauvais moment peut annuler entièrement une miellée attendue. L’apiculteur qui surveille ses ruches depuis des années sait que la récolte d’une année à l’autre peut varier de zéro à vingt kilos par ruche, voire plus, selon les conditions climatiques.

Du nectar au miel : le travail invisible dans la ruche

La récolte du nectar n’est que la première étape. Une fois à la ruche, le travail de transformation commence.

La butineuse régurgite le nectar à une abeille de maison, qui le régurgite à une autre, et ainsi de suite. À chaque transfert, des enzymes salivaires (principalement la glucose-oxydase et l’invertase) transforment les sucres et amorcent la décomposition du saccharose en glucose et fructose.

Simultanément, les abeilles réduisent l’humidité du nectar. Elles ventilent activement les alvéoles avec leurs ailes pour faire évaporer l’eau. Le nectar passe de 60-80 % d’eau à moins de 18 %. À ce stade, le miel est stable, non fermentescible. L’abeille scelle alors l’alvéole avec un opercule de cire.

Ce processus prend plusieurs jours. Une butineuse ne produit, sur toute sa vie active, qu’environ 1/12 de cuillère à café de miel. La ruche entière est nécessaire pour remplir un seul pot.

Pour aller plus loin sur ce processus, notre article sur la transformation du nectar en miel, étape par étape dans la ruche détaille chaque phase de fabrication.

Nectar, miellat et diversité des miels

Cette distinction nectar / miellat est fondatrice pour comprendre la diversité des miels disponibles.

Le miel de sapin, ou miel de miellat, est l’exemple français le plus typique : produit principalement dans les Vosges, l’Alsace, le Jura et le Massif central, il dépend entièrement des années où les pucerons sont abondants et où la météo est favorable. Une sécheresse trop intense en été dessèche les gouttelettes de miellat avant que les abeilles puissent les récolter, d’où les pénuries certaines années.

Le pollen, lui, est récolté par les butineuses lors des mêmes sorties que le nectar, mais il ne devient pas du miel : l’apiculteur le récupère sur les pattes des abeilles, à l’entrée de la ruche, sans transformation. Notre article sur ce que l’on peut affirmer du pollen frais fait le point sur ce produit.

Seules les abeilles transforment ces deux sources sucrées, nectar et miellat, en miel. Les guêpes, prédatrices, n’en produisent pas : notre comparatif détaille ce que la guêpe fait et que l’abeille ne fait pas.

Enfin, la récolte dépend aussi des prédateurs. Le frelon asiatique, qui chasse les butineuses à l’entrée de la ruche, freine leurs sorties vers les sources de nectar. Les mauvaises années, cette pression s’ajoute à une météo défavorable et réduit la miellée.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre nectar et miellat ?

Le nectar est un liquide sucré produit directement par les nectaires des plantes à fleurs. Le miellat est une substance excrétée par des insectes (principalement des pucerons et des cochenilles) qui se nourrissent de la sève des arbres. Les abeilles récoltent les deux pour faire du miel, mais les miels qui en résultent sont très différents : les miels floraux sont issus du nectar, le miel de sapin et les miels de forêt sont issus du miellat.

Pourquoi dit-on que le miel de sapin vient de pucerons ?

Parce que c’est littéralement vrai. Les pucerons et les cochenilles se nourrissent de la sève des sapins et excrètent un liquide sucré (le miellat) sous forme de gouttelettes sur les aiguilles et les branches. Les abeilles récoltent ce miellat et le transforment en miel exactement comme elles le feraient avec du nectar.

Qu’est-ce qu’une miellée ?

La miellée est la période pendant laquelle les ressources mellifères (nectar ou miellat) sont si abondantes que les abeilles récoltent plus que la colonie n’en consomme. Ce surplus s’accumule dans les hausses et constitue ce que l’apiculteur récoltera. Une miellée est toujours liée à une floraison intense (printemps, été) ou à une forte présence de miellat (été, conditions humides favorables).

La météo a-t-elle vraiment autant d’impact sur la production de miel ?

Oui, elle est déterminante. Une floraison d’acacia sous la pluie et le vent peut être perdue en quelques jours : les nectaires produisent moins, les butineuses ne volent pas, et la fenêtre de récolte se referme. Pour le miellat, un été trop sec dessèche les gouttelettes avant qu’elles soient butinées. Un même apiculteur peut récolter 20 kg par ruche une année et presque rien l’année suivante, avec le même rucher et les mêmes abeilles.

Toutes les abeilles font-elles du miel à partir de nectar ?

Non. L’Apis mellifera, l’abeille domestique européenne, utilise le nectar comme source principale, mais elle récolte aussi le miellat. Selon l’environnement du rucher, la proportion de miellat dans le miel peut varier. Dans les Vosges ou les forêts de conifères, un miel « toutes fleurs » peut contenir une part significative de miellat sans que l’apiculteur ait placé ses ruches dans une forêt de sapins.

Glossaire

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Vrai ou faux : idées reçues

Nectar et miellat : deux origines, deux miels

CritèreNectar (miel floral)Miellat (miel de miellat)
OrigineNectaires des plantes à fleursSécrétions d’insectes (pucerons, cochenilles) sur les arbres
Couleur du mielClaire à doréeFoncée, brun ambré à reflets verts ou noirs
GoûtDoux, floral, sucréPuissant, boisé, malté, peu sucré
Conductivité électriqueEn général au plus 0,8 mS/cmAu moins 0,8 mS/cm (directive 2001/110/CE)
CristallisationVariable (rapide à modérée)Lente, parfois quasi absente
ExemplesAcacia, lavande, thym, toutes fleursMiel de sapin, miel de forêt, miel de chêne
Facteurs limitantsFloraison, météo, solPrésence d’insectes parasites et météo favorable

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