Ouvrez une ruche un matin de janvier et vous ne verrez presque rien : pas de va-et-vient sur la planche d’envol, pas de bourdonnement, rien qui ressemble à une colonie vivante. D’où l’intuition, partagée par presque tout le monde, que les abeilles dorment quelque part jusqu’au printemps. C’est faux, et c’est même l’inverse : l’hivernage est la période où la colonie travaille le plus dur à une seule tâche, produire de la chaleur, sans jamais s’arrêter. Voici ce que huit sources ouvertes et lues une à une permettent d’affirmer, et ce qu’elles ne permettent pas.
Non, les abeilles n’hibernent pas
Commençons par le point qui règle la moitié des questions posées à Google. Une étude publiée en 2025 dans Developmental Neurobiology le formule sans ambiguïté : « à la différence d’une véritable hibernation, les abeilles d’hiver n’entrent pas dans un état inactif et dormant ; au lieu de cela, elles forment une grappe serrée d’environ 10 000 à 20 000 abeilles et pratiquent la thermorégulation ».
La différence avec un animal hibernant est structurelle. Chez l’abeille domestique, la colonie est pérenne : une revue parue en 2025 dans Insect Molecular Biology rappelle que les abeilles à miel « forment des colonies pérennes dans lesquelles les abeilles consomment de la nourriture (nectar, pollen ou miel) toute l’année », et « maintiennent constamment des températures de colonie élevées, y compris pendant l’hiver dans les colonies d’abeilles domestiques des régions tempérées ». Une marmotte s’éteint, une colonie d’abeilles se chauffe.
Le mot d’hibernation n’a pourtant pas disparu de la littérature, et l’honnêteté oblige à le signaler. Une étude publiée dans PeerJ en 2018 l’emploie dans son propre titre et écrit que les abeilles, « grâce à leur capacité de thermorégulation sociale, sont capables de maintenir des colonies toute l’année en recourant à une stratégie analogue à l’hibernation chez les mammifères ». Analogue : le mot est choisi. L’analogie porte sur l’économie de ressources à l’échelle de la colonie, ces mêmes auteurs notant que « pour économiser les ressources, les colonies d’abeilles domestiques des zones tempérées cessent l’élevage du couvain pendant l’hiver ». Elle ne porte pas sur l’état de l’individu, qui reste actif. Les deux textes décrivent deux niveaux d’observation, pas une contradiction.
La grappe hivernale : un cœur tiède, un manteau au bord du gel
Que fait, concrètement, cette grappe ? Une analyse publiée en 2023 dans le Journal of the Royal Society Interface pose le cadre : les colonies d’abeilles domestiques « hivernent dans des cavités en maintenant au moins une partie de leurs effectifs au-dessus de 18 °C toute l’année, dans un large éventail de climats qui comprend des hivers à −40 °C ».
Un mot de ce passage reste flou ?
La structure interne est fortement contrastée. Toujours selon ce travail, les centres des disques d’abeilles formés entre les cadres, ce que l’auteur appelle le cœur, « sont moins denses et à une température plus élevée (20 °C à 34 °C), produisant presque toute la chaleur de la grappe », tandis que « les couches externes de la grappe (le manteau), qui descendent sous 18 °C, produisent peu de chaleur métabolique ». Autrement dit, une même colonie abrite en permanence un écart thermique de plusieurs dizaines de degrés entre sa surface et son centre.
Cette géométrie a un coût. Le même auteur observe que « les abeilles situées à la périphérie de la grappe qui descendent sous 10 °C doivent se déplacer vers l’intérieur, faute de quoi elles finiront par mourir et tomber de la grappe ». C’est là qu’il faut corriger une seconde idée reçue : la belle image d’une rotation tranquille, où chaque ouvrière prendrait poliment son tour au chaud, n’est pas ce que décrit la source. Ce qu’elle décrit est un mouvement contraint d’abeilles refroidies vers les seules congénères encore capables de produire de la chaleur. Cet auteur va plus loin et défend une thèse contre-intuitive. Il faut la lui attribuer explicitement, car elle n’est pas le consensus de la discipline : « le regroupement en grappe n’est pas bénin, mais constitue au contraire une réaction comportementale évolutive à une menace existentielle, qui se traduit par un stress accru de froid et d’effort ».
Une précision, enfin, sur ce que nous ne dirons pas. On lit fréquemment que la grappe se forme sous une température extérieure de 10 à 14 °C. Nous n’avons trouvé ce seuil dans aucune source primaire ouverte, et le texte de 2023 interrogé sur ce point précis n’en contient aucun. Nous ne donnons donc pas de température de déclenchement.
D’où vient la chaleur : des muscles du vol, pas d’un chauffage
Le mécanisme, lui, est parfaitement documenté. Une étude parue dans PLoS ONE en 2010 résume le principe : « l’homéostasie thermique des colonies d’abeilles est obtenue par une combinaison de processus actifs et passifs ». Et pour la part active, elle désigne l’organe : « chez les insectes capables d’endothermie, les muscles du vol sont la source de la production active de chaleur ».
L’étude de 2018 décrit le geste appliqué à l’hiver : « lorsque la colonie subit un stress de froid, les ouvrières tendent à rester relativement inactives et à se regrouper densément dans ce qu’on appelle la grappe hivernale afin de réduire la déperdition de chaleur de la colonie, tandis que les ouvrières produisent activement de la chaleur en faisant frissonner leurs muscles du vol pour maintenir la température du cœur de la grappe au-dessus de la température ambiante ». L’abeille ne bat pas des ailes : elle contracte les muscles qui les actionnent, à vide, et son thorax devient un radiateur.
Ce chauffage devient beaucoup plus exigeant dès que la colonie élève du couvain. L’étude de 2010 rappelle que « la production de chaleur endothermique et l’isolation de la cavité d’élevage permettent aux abeilles de réguler la température du nid à couvain dans une plage de 32 à 36 °C ». Cette valeur concerne le nid à couvain, et non la grappe d’hiver : faute de chiffre dans nos sources, nous ne donnons aucune température pour une grappe sans couvain.
Cette bascule explique la fin de l’hivernage. Les auteurs de 2018 notent que « l’élevage du couvain reprend en fin d’hiver, afin de constituer une force de travail suffisante permettant d’exploiter les ressources florales du printemps à venir ». Le retour de la ponte, dont le calendrier relève de la biologie de la reine des abeilles, marque le moment où la colonie cesse d’économiser et recommence à investir.
Les abeilles d’hiver ne sont pas les abeilles d’été
Voici le fait le moins connu, et probablement le plus important. Les ouvrières qui passent l’hiver ne sont pas simplement des abeilles d’été qui auraient tenu plus longtemps : ce sont des abeilles différentes. L’étude de 2025 les définit comme « un phénotype physiologique et comportemental distinct des ouvrières d’abeille domestique », désigné dans la littérature sous le nom d’abeilles diutinus.
Voir une colonie de près, lors d’un atelier ?
L’écart de longévité est spectaculaire. « Contrairement aux ouvrières d’été, dont la durée de vie typique est de 4 à 6 semaines, les abeilles d’hiver peuvent vivre jusqu’à 8 mois », écrivent les auteurs. Un facteur dix, dans la même espèce. Ces abeilles « présentent des traits physiologiques distincts, tels que des corps gras hypertrophiés », associés à des « taux élevés de vitellogénine ».
Cette protéine n’est pas un détail de laboratoire : elle se mesure dans la survie des ruchers. L’INRAE rapporte que « la vitellogénine […] est associée à une augmentation de 30 % de la probabilité de survie des colonies en hiver », et publie l’écart observé : « les colonies composées d’individus avec des faibles taux de vitellogénine présentaient un taux de survie hivernale de 60 % » quand « les colonies composées d’individus avec des forts taux de vitellogénine ont atteint des taux de survie d’environ 90 % ». L’institut ajoute que « la production de cette protéine de vitalité est favorisée par la qualité de l’environnement ».
La conséquence pratique est directe, et l’ITSAP-Institut de l’abeille la tire dans son guide des bonnes pratiques : il faut « effectuer un traitement contre Varroa efficace dès la fin de la dernière miellée et assez tôt pour permettre la naissance et l’élevage d’abeilles d’hiver saines ». Tout ce qui abîme la génération d’août et de septembre se paiera en février. La conduite de cette lutte et son calendrier sont détaillés dans notre page consacrée au traitement du varroa.
Ce que la colonie a dans le placard
Une grappe qui chauffe brûle du carburant, et ce carburant, ce sont les réserves accumulées pendant la belle saison. L’ITSAP recommande de « prévoir 10 à 20 kg de provisions glucidiques (miel ou candi) en stock en début d’hivernage selon les régions », en précisant que la quantité dépend de la force des colonies, de l’emplacement du rucher, de la durée et de la rigueur de l’hiver, ainsi que du type d’abeilles.
L’institut souligne que la facture n’est pas la même selon l’état de la colonie : « le développement et l’entretien du couvain demandent des ressources plus importantes qu’une grappe hivernant sans couvain ». D’où son conseil : « suivre la consommation des réserves en pesant ou soupesant les ruches avant la mise en hivernage, en cours d’hivernage et dès la reprise de la ponte ».
Un détail géométrique décide parfois de tout. Il ne suffit pas que les réserves existent, encore faut-il que la grappe puisse les atteindre sans se disloquer : l’ITSAP demande de « vérifier que les réserves sont accessibles aux abeilles (réserves autour de la grappe) même par de faibles températures ». Une colonie peut mourir de faim à quelques centimètres de son miel. L’institut recommande enfin d’« éviter d’hiverner sur du miel de miellat de sapin (ou du miellat contenant du mélézitose) pour les hivers longs et rigoureux ».
Nous nous arrêtons ici. Ce que mangent précisément les abeilles, la répartition des rôles entre le miel et le pollen, et surtout le nourrissement, sirop ou candi, quand et comment, relèvent d’une page dédiée : notre article sur l’alimentation des abeilles est la référence du site sur ce sujet.
Combien de colonies ne passent pas l’hiver
Reste la question la plus anxieuse : est-ce que les abeilles meurent l’hiver ? La France dispose d’une réponse chiffrée, produite chaque année depuis 2018 par l’enquête nationale de mortalité hivernale des colonies d’abeilles. Un groupe réunissant notamment l’Anses, l’INRAE, la DGAl, l’ITSAP et ADA France la conduit dans le cadre de la Plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale.
Pour l’hiver 2022-2023, la note de premiers résultats indique « 25,6 % de pertes (incluant les colonies mortes, bourdonneuses, faibles et accidentées) estimées lors de l’hiver 2022-2023 dont 17,5 % de colonies mortes ». Le chiffre à ne pas oublier est pourtant l’autre : « aucune perte déclarée à l’hiver 2022-2023 pour un tiers des répondants (33,1 %) ». Perdre des colonies n’est ni une fatalité ni une norme.
Sur les causes, l’enquête donne l’avis des apiculteurs et non un diagnostic : « la première cause de pertes identifiée par les apiculteurs est la faiblesse des colonies à l’hivernage suivi du frelon asiatique pour les apiculteurs ayant mis en hivernage moins de 200 colonies ou de V. destructor pour les apiculteurs de 200 colonies et plus ». Ce classement recoupe les facteurs de risque que l’ITSAP dit avoir mis en évidence par ses propres enquêtes : « la stratégie de lutte contre Varroa », « l’état des colonies à la mise en hivernage » et « la disponibilité en ressources avant l’entrée en hivernage ». Ce qui tue les abeilles en hiver se joue en été.
Où hibernent, alors, les abeilles qui hibernent vraiment
La question « où hibernent les abeilles » n’est pas absurde : elle vise simplement d’autres insectes que l’abeille domestique. Chez les bourdons, l’hivernage est une affaire strictement individuelle. Selon la revue de 2025 déjà citée, après l’accouplement les jeunes reines « se nourrissent de pollen et de nectar pour accumuler des réserves de lipides et de glycogène, puis creusent des hibernacles et entrent en diapause hivernale ».
Là, et là seulement, on est proche de l’hibernation au sens courant : « pendant cette période, qui peut durer de 4 à 10 mois selon l’espèce de bourdon, la température corporelle des reines descend à quelques degrés Celsius, et elles ne consomment aucune nourriture ». Une reine seule, sous terre, à l’arrêt, contre une colonie de plusieurs milliers d’individus qui mange et se chauffe sans interruption : deux stratégies opposées, dont la confusion explique la plupart des malentendus sur les abeilles en hiver. La diversité des espèces concernées est traitée dans notre page sur les abeilles sauvages.
Faut-il intervenir sur la ruche pendant l’hivernage
Peu, et pas n’importe où. Sur la fermeture des ruches, question fréquente et mal posée, l’ITSAP ne parle jamais de fermer mais de « réduire l’entrée des ruches pendant l’hiver pour protéger les colonies des prédateurs (dont les petits rongeurs) ». On rétrécit l’ouverture, on ne l’obture pas.
L’institut mentionne par ailleurs qu’« il est possible d’installer un isolant sous le toit », en recommandant « un matériau facilement lavable et désinfectable », et conseille de « réunir les colonies faibles, à condition d’avoir des garanties sur leur bon état sanitaire ». Le reste du travail consiste surtout à ne pas ouvrir : peser ou soupeser, observer, attendre. Chaque ouverture disloque une grappe qui a mis des heures à se mettre en place.
Questions fréquentes
Est-ce que les abeilles hibernent l’hiver ?
Non. La littérature scientifique est explicite : « à la différence d’une véritable hibernation, les abeilles d’hiver n’entrent pas dans un état inactif et dormant ; au lieu de cela, elles forment une grappe serrée d’environ 10 000 à 20 000 abeilles et pratiquent la thermorégulation ». Le terme d’hibernation est parfois employé par analogie, à l’échelle de la colonie qui économise ses ressources, jamais pour décrire l’état d’une abeille prise individuellement.
Où vont les abeilles en hiver ?
Nulle part. Elles restent dans la ruche ou dans la cavité qu’elles occupent, regroupées en grappe entre les cadres. Les colonies d’abeilles domestiques « hivernent dans des cavités en maintenant au moins une partie de leurs effectifs au-dessus de 18 °C toute l’année ». Ce sont les reines de bourdons, elles, qui creusent un abri souterrain et disparaissent seules jusqu’au printemps.
Est-ce que les abeilles meurent l’hiver ?
Une partie, oui. L’enquête nationale française estime « 25,6 % de pertes […] dont 17,5 % de colonies mortes » pour l’hiver 2022-2023. Ce n’est pas une fatalité pour autant : « aucune perte déclarée […] pour un tiers des répondants (33,1 %) ». La première cause citée par les apiculteurs est la faiblesse des colonies à la mise en hivernage.
Comment les abeilles se réchauffent-elles en hiver ?
En faisant frissonner leurs muscles du vol sans battre des ailes. « Chez les insectes capables d’endothermie, les muscles du vol sont la source de la production active de chaleur. » Les ouvrières se regroupent densément « afin de réduire la déperdition de chaleur de la colonie », pendant que celles du cœur produisent « presque toute la chaleur de la grappe ».
Combien d’abeilles reste-t-il dans une ruche en hiver ?
L’ordre de grandeur donné par la littérature est « une grappe serrée d’environ 10 000 à 20 000 abeilles », nettement moins qu’au pic de la saison. Cet effectif n’est pas anecdotique : la masse de la grappe conditionne sa capacité à se chauffer, ce qui explique pourquoi les colonies faibles figurent en tête des causes de pertes.
Faut-il fermer les ruches en hiver ?
Non, il faut réduire l’entrée, pas la fermer. La consigne de l’ITSAP est de « réduire l’entrée des ruches pendant l’hiver pour protéger les colonies des prédateurs (dont les petits rongeurs) ». Un isolant sous le toit est possible, à condition de choisir « un matériau facilement lavable et désinfectable ».
Quand la reine recommence-t-elle à pondre ?
En fin d’hiver. « L’élevage du couvain reprend en fin d’hiver, afin de constituer une force de travail suffisante permettant d’exploiter les ressources florales du printemps à venir. » Cette reprise change tout pour la colonie : élever du couvain « demande des ressources plus importantes qu’une grappe hivernant sans couvain », et impose de maintenir une température bien plus élevée et bien plus stable.
Sources et références
- ITSAP-Institut de l’abeille. Guide des bonnes pratiques apicoles, fiche R7 « Préparer l’hivernage », juin 2018. PDF consulté via le miroir beesforlife.fr.
- Kraft N., Rössler W., Groh C. « Neuronal Plasticity in the Mushroom Bodies of Winter Bees Is Retained Despite Substantially Advanced Age », Developmental Neurobiology, 2025, 85(4), e23006. DOI 10.1002/dneu.23006, PMCID PMC12476488.
- Mitchell D. « Honeybee cluster : not insulation but stressful heat sink », Journal of the Royal Society Interface, 2023, 20(208), 20230488. DOI 10.1098/rsif.2023.0488, PMCID PMC10681098.
- Stabentheiner A., Kovac H., Brodschneider R. « Honeybee Colony Thermoregulation : Regulatory Mechanisms and Contribution of Individuals in Dependence on Age, Location and Thermal Stress », PLoS ONE, 2010, 5(1), e8967. DOI 10.1371/journal.pone.0008967, PMCID PMC2813292.
- Nürnberger F., Härtel S., Steffan-Dewenter I. « The influence of temperature and photoperiod on the timing of brood onset in hibernating honey bee colonies », PeerJ, 2018, 6, e4801. DOI 10.7717/peerj.4801, PMCID PMC5971834.
- INRAE. « Survie des colonies en hiver : les couverts fleuris et les habitats naturels boisés améliorent la vitalité des abeilles mellifères », 10 février 2017. inrae.fr Étude source citée par l’institut : Alaux C. et al., Scientific Reports, 2017, 7, 40568.
- Plateforme ESA. Enquête nationale de mortalité hivernale des colonies d’abeilles (ENMHA), premiers résultats 2022-2023, 18 juillet 2023. Groupe de suivi réunissant GDS France, SNGTV, INRAE, GNTSA, FNOSAD, Anses, DGAl, ADA France, DDecPP et ITSAP. PDF consulté via le miroir frgdsaura.fr.
- Hotchkiss M.Z., Forrest J.R.K., Poulain A.J. « Changes in bumblebee queen gut microbiotas during and after overwintering diapause », Insect Molecular Biology, 2025, 34(1), 136-150. DOI 10.1111/imb.12957, PMCID PMC11705525.
Les citations des sources 2, 3, 4, 5 et 8, publiées en anglais, sont traduites par nos soins.
Photographie d’illustration : « 20240119 beehives winter Franciscan garden Katowice Panewniki 01.jpg », par Abraham, travail personnel, 19 janvier 2024, ruches du jardin des franciscains à Katowice-Panewniki (Pologne), via Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0. Image recadrée en 1200×630 pour cette page.